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Notre jeunesse doit être édifiée à l’idée que, toutes les fois qu’elle a un projet, une idée, il faut y croire, y croire jusqu’à son dernier souffle. Ne jamais abandonner, même sans moyen. Croire en Dieu et ne pas douter de la providence. La fatalité n’existe pas.

Ma vie d’homme d’affaires commence, dans les années 1985. J’avais décidé de ne plus jamais travailler sept jours sur sept pour les autres sinon pour mon pays. A mon retour de France, j’avais décidé de créer ma propre entreprise.

Fraîchement rentré d’Europe, j’avais naturellement demandé à mon père de financer mon projet de création d’une entreprise. Ma demande l’avait mis dans l’embarras car, polygame de trois femmes, avec chacune des enfants, il lui était difficile d’investir pour le fils d’une seule de ses épouses sans le faire pour les enfants des autres. Il estimait, à tord ou à raison, qu’il allait s’attirer le courroux des ses autres femmes et que cela entraînerait fatalement une guerre fratricide dans la famille. Connaissant les difficultés et les malheurs des familles polygamiques, je lui ai donné raison.

Malheureusement, ce refus de papa avait déchaîné une crise profonde avec ma maman. Il régnait une tension si vive dans la maison qu’un jour, papa me dit: « Si ma position ne plait pas à ta maman et à toi-même, alors je suis désolé, je vous prie de sortir de ma maison ». Maman mariée, ne pouvait quitter son foyer. Je fus obligé de partir.

Voici, commence ma première traversée du désert. Je suis sorti de la maison familiale en pleurs, et en larme sans un sou. J’avais à peine, de quoi payer le transport aller simple pour Douala. Ma maman a longtemps souffert de cette situation.

J’ai débarqué à Douala chez ma grande sœur Ruth, marié à un commerçant, nommé NJAMBOU Jean Claude d’origine Bamiléké du village Bandja, installé à Douala. Il est aujourd’hui décédé ; paix à son âme.

Mon beau frère, pris la décision de m’aider. Il m’ouvrit sa porte et me trouva une place où je pouvais dormir. Dès mon arrivée, il décida de m’inscrire dans une tontine (un groupe de personnes qui mettent ensemble, périodiquement, un fond que l’on vend tour à tour à chaque membre du groupe qui veut entreprendre une activité quelconque). M’ayant inscrit dans cette tontine, mon beau frère fit que je sois l’un des premiers bénéficiaires. Il m’acheta la somme 1.500.000 FCFA sans frais.

Avec cette somme j’ai crée la société CONGELCAM spécialisée dans l’importation et la vente des produits congelés: poulets, cuisses et ailes de poules, pattes et côtes de porc et me suis installé au quartier Akwa à Douala.

N’ayant pas encore de moyens pour acheter en containers de l’étranger, ma stratégie a consisté à négocier l’achat en gros de marchandises à des prix exceptionnels auprès des importateurs du même secteur installés à Douala, et à les revendre ensuite par lots à des détaillants à travers tout le Cameroun. Parmi mes clients de l’époque, je peux nommer, l’industriel camerounais FOKOU Bernard, et l’actuel propriétaire de Congelcam, qui non seulement a repris d’une part ma raison sociale, mais continue d’exercer dans le même secteur d’activités.

La production locale de la volaille, de la viande porcine, de la viande bovine étant quasiment inexistante, l’opération connue un grand succès. Ce secteur d’activités de produits congelés importés très fructueux, connut très rapidement une forte expansion au Cameroun. Je pris la décision d’importer directement mes produits. Lorsqu’un jour, je reçois la visite d’un exportateur Français en tournée au Cameroun. Nos négociations aboutiront à la signature d’un contrat de partenariat dont les termes prévoyaient une avance de 30%, à la commande, le reste payable à 60 jours date de livraison. J’ai passé immédiatement ma toute première commande à ce fournisseur en lui versant 30% d’acompte. Malheureusement, il n’a pas respecté le contrat, et me livra la marchandise avec quatre mois de retard. Ce retard de livraison m’occasionna un préjudice sans précédant causé d’une part par l’immobilisation de ma trésorerie, d’autre part par la perte de mes clients qui ont attendu en vain leur livraison. Bien qu’ayant eu cet incident avec mon premier fournisseur, mon activité pris de l’essor et j’étais devenu rapidement incontournable dans le secteur de la vente des produits congelés importés.

Malheureusement, le gouvernement prit des mesures de contingentement visant à encourager une entreprise locale qui voulait transformer la volaille sur place. Ces mesures portaient désormais la base douanière imposable des produits congelés à 1000 F CFA le kilogramme, pour un kilo pourtant acheté à 150 FCFA. Le taux de douane de ces produits congelés étant de 70% environ, le montant des droits de douanes pour un kilo de marchandise importé s’élevait désormais 700 FCFA.

Cette nouvelle mesure sur les produits congelés avait mis les importateurs comme moi en difficulté. Du jour, au lendemain, le prix de revient d’un kilogramme de patte de porc importé était passé de 250 FCFA à plus de 950 FCFA. Pourtant, comme c’est toujours le cas au Cameroun, le projet de transformation de la volaille sur place n’a rien donné. Parallèlement, certains importateurs sans foi ni loi, par le biais de la corruption, continuèrent à maintenir les prix de vente public en dessous de 300 FCFA le kilogramme. En effet, avec la complicité des douaniers, ces personnes importaient des dizaines de containers, mais ne payaient la douane que sur la base d’un seul container. Ce qui leur permettait d’afficher des prix hors concurrence, mettant ainsi hors circuit plusieurs entreprises honnêtes du secteur, au rang desquelles ma société Congelcam.

Ces importations frauduleuses ont eu un impact négatif sur les mesures incitatives de transformation de la volaille que l’État voulait mettre en place au Cameroun. Elle a malheureusement favorisé le renforcement du commerce informel dans ce secteur, avec en prime, une baisse considérable des recettes douanières.

Ainsi va le Cameroun.

Commence ma deuxième traversée du désert dans le monde des affaires. Celle-ci a duré environ un an. Les économies que j’avais engrangées dans le secteur très fructueux des produits congelés s’amenuisaient. Il ne me restait plus que 500.000 CFA devant servir au paiement de mon loyer et de toutes les charges afférentes à un foyer de quatre personnes à ma charge. Que faire? Dans quel secteur me reconvertir ? Je n’avais aucune idée, aucune réponse.

La situation devenait critique. J’avais malheureusement un choix à faire: payer mon loyer ou garder cette somme dans l’espoir de trouver rapidement un nouveau créneau d’activité. J’ai choisi de ne payer aucune charge et conserver ma dernière carte. Je m’en remis à Dieu. Dieu entendit une fois de plus mes prières.

Un matin alors que, je parcourais le journal français le Monde, j’ai vu l’annonce d’une société installée en Belgique qui proposait la vente des appareils Fax et Téléphone de marque japonaise NITSUKO. Je me suis alors souvenu que j’utilisais déjà le fax quand j’étais chef comptable à la société COBE. Technologie toute nouvellement sortie, pendant que le monde entier utilisait encore le télex.

Je me suis dit: voici une technologie innovante dont l’Afrique a besoin. Pourquoi ne pas être parmi les premiers camerounais à l’introduire dans le continent?

Mes 500.000 FCFA me permettaient de commander seulement deux appareils. Je pris le risque de passer la commande d’un appareil de téléfax, et un poste de téléphone en exposant ma famille au dénuement le plus total. Je pris ce risque sans en parler à mon épouse de peur qu’elle ne s’y oppose avec raison. Ma commande fut livrée quelques semaines plus tard. J’ai transformé une des chambres en bureau, installé une table, une machine à écrire ainsi qu’un téléphone. Avec ce minimum d’équipement, j’ai crée un nouvel établissement, acheté une patente et choisi une nouvelle raison sociale pour ma structure: ‘’Jet Worlphone’’.

Il est important de signaler qu’à l’époque, créer un établissement au Cameroun était chose facile. Il suffisait de choisir une raison sociale, et d’aller directement aux Impôts déclarer la naissance de sa société, en payant une somme en fonction du chiffre d’affaire escompté. J’ai donc versé 15.000 FCFA et mon nouvel établissement a été légalisé en quelques jours. Faute de moyens, je cumulais à la fois tous les postes à savoir : le secrétariat, le commercial, le service technique en tant qu’installateur de mes appareils. Au-delà de la simple installation, je faisais moi-même les premiers diagnostics sur les pannes.

Je suis descendu immédiatement sur le terrain pour mes premières prospections. Après la vente des deux appareils, j’en ai importé quatre autres que j’ai revendus pour en racheter à nouveau le double, ainsi de suite. J’avais non seulement reconstitué mon capital mais mis de côté la rondelette somme de 1.500.000 FCFA. J’avais repris du poil de la bête et je relevais le défi. Parmi mes premiers clients il y a eu le Complexe Chimique Camerounais (CCC), la société Afrique construction, et mon Cher grand frère le doyen POKOSSY NDOUMBE.

Avec ce nouveau souffle, j’ai décidé de chercher de nouveaux fournisseurs. Pour cela, Je me suis tourné vers le japon. Après plusieurs mois de recherches, j’ai trouvé le contact du fabricant des appareils que j’importais de Belgique. Celui-ci m’a informé qu’il avait déjà un distributeur exclusif pour l’Afrique installé en Belgique.

Un jour, mon fournisseur de Belgique me fit parvenir une invitation à assister à la foire de Tokyo. Cette invitation me désarçonna car si j’avais pu remonter la pente jusqu’à économiser 1.500.000 FCFA, je ne voyais pas comment je pouvais aller au japon. Il me fallait pour cela acheter un billet d’avion Cameroun-Paris-Japon aller-retour qui coûtait 1 100.000 FCFA. En plus, il fallait prévoir de l’argent pour mes frais d’hébergement, de déplacement, de restauration au Japon et pour l’achat d’un nouveau stock de marchandises. Par ailleurs, Il me fallait laisser l’argent de ration à ma petite famille.

J’ai entrevu la catastrophe pour mon avenir professionnel et familial dans le cas où je rentrerais bredouille de cette foire japonaise, comme beaucoup de nos compatriotes qui participaient sans succès à de telles manifestations. Non seulement je n’aurai plus de quoi acheté un seul fax mais également plus rien pour nourrir ma famille. Malgré tout, mon cœur me dit « pars ». Je décidai donc de me rendre à cette foire de Tokyo au Japon. Le jour de mon départ, mon épouse refusa de me dire au revoir. Elle avait certes raison, parce que je prenais là un très grand risque.

Ce premier voyage Douala-Paris-Tokyo restera pour moi un des plus beaux, celui qui m’aura appris à vaincre la peur face à toute épreuve difficile et à toujours affronter les défis. J’ai foulé sol de Tokyo pour la première fois en 1987, à ma descente d’avion, je me suis organisé pour que le coût de mon séjour convienne à ma bourse. J’ai logé dans un des plus petits hôtels de la ville et mangé du Sushi dans les plus petits restaurants du coin et ce, une fois par jour.

Parti avec un budget d’environ 250.000 FCFA qui devait me servir aussi bien pour tout mon séjour, que pour l’achat de mon nouveau stock, je me suis dit que j’étais un homme mort s’il m’arrivait un quelconque incident. J’ai toujours confié mon destin à Dieu. Honnêtement, je reconnais, cette fois encore avoir été guidé par une main invisible, celle de Dieu.

Pendant la visite des stands à la foire, je suis tombé sur celui de NISTUKO, le fabricant des appareils que j’importais jusque là de Belgique.

J’ai abordé le responsable de NISTUKO qui m’a informé de la rupture du contrat entre sa société et le représentant exclusif Belge, mon fournisseur. Il m’annonce également qu’il est en négociation avec un autre partenaire pour la même région commerciale, la zone Europe et Afrique. Je n’avais pas les côtes solides pour prétendre négocier la reprise de cette représentation, je lui ai néanmoins demandé s’il m’était possible d’être le représentant exclusif pour le Cameroun uniquement, et d‘exclure mon pays de la zone géographique précédente.

Après de longues négociations, ma proposition a été acceptée et je suis ainsi devenu le représentant exclusif de NISTUKO pour le Cameroun. La signature de ce contrat de partenariat sera bénéfique pour moi à plus d’un titre: non seulement je traitais désormais, directement avec l’usine sans intermédiaire, ce qui réduisait mes coûts d’au moins 70% par rapport aux achats effectués auprès de mon fournisseur belge, mais au-delà de ces avantages directs sur le plan des affaires, ce contrat permettais à mon pays tout entier de tirer également profit de ce partenariat à travers les prix compétitifs que je pouvais proposer sur le marché camerounais.

Dés mon retour de Tokyo, je me suis rendu au cabinet du Ministre des Postes et Télécommunications pour obtenir une audience. Un homme, qui m’aura marqué par sa simplicité, son sens élevé de patriotisme, de responsabilité et de valeurs.

Le Ministre m’a reçu sans difficulté, m’a écouté et il m’a dit: « Monsieur. GWET, le poste de téléphone que vous me présentez m’intéresse. Mais, je ne peux vous l’acheter qu’à la condition qu’il soit l’assemblé ici au Cameroun. Ma politique est celle d’encourager l’industrialisation du secteur. Si vous pouvez le faire, je vous agrée immédiatement comme fournisseur dans mon ministère, et en plus, vous avez ma parole, je vous achèterai au moins 1000 postes de téléphones tous les ans ». J’ai été bouleversé par sa proposition. J’étais venu proposer au Ministre, l’achat de quelques postes de téléphone en produits finis. Voilà qu’il m’orientait dans l’industrie. Je suis sorti de son cabinet ministériel, ayant perdu tout espoir. Comment le Ministre pouvait-il me demander de monter une usine d’assemblage au Cameroun, alors que je n’arrivais même pas à acheter plus de deux fax et deux postes de téléphone à la fois ?

Après mures réflexions, j’ai réalisé que le résultat de cette audience était plutôt positif. La proposition du Ministre m’avait aidé à me projeter dans une nouvelle vision. Mon cerveau s’était mis à bouillonner et je me suis alors dit « GWET, tu n’as jamais reculé devant un obstacle quelque soit sa taille et sa grandeur, trouve une solution. Impossible n’est pas Camerounais ! » J’ai une fois de plus, imploré Dieu pour qu’Il me vienne en aide. Le Seigneur m’a fait comprendre que même sans argent, rien n’est impossible lorsqu’on a un rêve, une vision, une dose de courage et une grande détermination.

Du coup, de la simple idée de vendre des postes de téléphone au Cameroun, je ne dormais plus qu’avec un rêve, celui de monter une des premières unités d’assemblages des postes de téléphone en Afrique.

A partir de là, les choses allèrent très vite. Avant de penser aux financements je devais d’abord renégocier mon partenariat avec mon fournisseur Japonais, sur la base d’importation des appareils en kit (SKD), pour leur assemblage au Cameroun. Mon projet d’assembler les postes de téléphone au Cameroun, fut accueilli favorablement par NITSUKO. Il m’encouragea dans cette voie qui pour lui était également la meilleure, et décida de m’envoyer gratuitement quelques appareils de mesures, de tests, ainsi qu’un banc d’essais qui permettra d’essayer toutes les fonctionnalités des postes de téléphone assemblés, sans avoir à les connecter sur une ligne téléphonique normale.

Que de victoires !

La première grande victoire était l’accord et l’engagement ferme du Ministre des postes et télécommunication de m’acheter au moins mille appareils de téléphones tous les ans.

La seconde victoire positive et inattendue, était l’accord de NITSUKO de m’envoyer les des appareils en kit. Je reconnaissais avoir parcouru au moins les 60% du chemin J’avais à ce stade, d’une part le marché vers lequel je pouvais écouler mes produits, et d’autre part, un partenaire technique.

Mon rêve était entrain de se transformer en réalité, il ne me restait plus qu’à résoudre deux problèmes: trouver un local dans lequel je devais assembler mes postes de téléphone, et les financements nécessaires à l’achat des matières premières.

Apres quelques démarches, j’ai trouvé un hangar vide vers l’ancien aéroport dans lequel, j’ai aménagé un atelier. J’ai fait installer par des petits menuisiers du quartier, une série de tables de montage en bois et j’ai acheté quelques tournevis. Comme promis, le fournisseur m’a envoyé, en express, quelques appareils de tests et de mesures. Mon atelier d’assemblage était prêt. J’ai ainsi remporté ma troisième victoire. Ma marque de téléphone ‘’ JET ‘’ venait d’être créée. Il ne me restait plus qu’à écrire au Ministre des postes et télécommunication, pour lui annoncer l’installation de mon unité d’assemblage.

Aussitôt fait, le Ministre m’envoya une équipe d’ingénieurs pour inspecter mes installations. Le rapport d’inspection fut très positif, motivant et très encourageant. Le Ministre me félicita et comme promis, me passa une commande ferme de 1000 postes de Téléphones. Mon rêve était devenu une réalité.

L’émotion pour cette troisième victoire me fit couler les larmes. J’étais galvanisé. Le plus difficile étant fait, il ne me restait plus qu’à résoudre le problème du financement de la matière première nécessaire au montage des 1 000 postes de téléphones. Cette dernière étape se passera aussi facilement, que toutes les premières.

Je peux affirmer aujourd’hui avec conviction que toutes les fois où il m’est arrivé de me retrouver sur un chemin, c’était une voie et un sentier tracé par la main de Dieu. Sa protection, sa grâce et sa bénédiction m’accompagnent toujours.

Depuis ma naissance, mon histoire dans les bras de maman fuyant l’oppression dans ce train trois jours seulement après ma venue au monde, mes multiples traversées du désert et mes difficultés, il y a toujours eu au bout tunnel une raison, une lumière, une victoire. Celle de Dieu.

L’heureux dénouement du financement des matières premières devant servir à assembler les postes de téléphones de ma première commande en est une preuve.

En effet, quelques jours seulement avant la réception de la commande des 1000 postes de téléphones du Ministère des postes et télécommunication, j’ai reçu la visite du Directeur Général d’un établissement financier en cours de création qui m’a proposé de souscrire des actions dans son institution. Je n’avais pas de moyens pour participer au capital d’une banque, mais je l’ai mis en relation avec quelques amis, dont un banquier et un industriel. Tous les deux ont accepté de prendre des actions dans son entreprise.

A la réception du bon de commande du Ministère, j’ai fait une demande d’ouverture de lettre de crédit exigée par mon fournisseur dans son établissement financier. Ce dernier qui avait besoin de trésorerie pour faire tourner sa structure me dit alors « Monsieur le Président (comme la plupart des camerounais aiment m’appeler), si je reçois de votre client le Ministère des Postes et Télécommunications, la garantie de virer le paiement de votre facture chez moi, je finance votre commande ». La réglementation sur les marchés publics prévoyait un paiement de 30% au titre d’avance de démarrage, à condition qu’une garantie bancaire soit déposée. Je lui ai alors répondu: « Monsieur le Directeur Général, je vous propose bien mieux que cela. Je vais vous faire encaisser les 30% d’avance de démarrage si vous acceptez de me délivrer la caution bancaire exigée par le Ministère »

Ma proposition était pour lui une aubaine, car il avait là l’opportunité de renforcer sa trésorerie avant même de financer ma commande.

Il m’a délivré quelques jours plus tard la caution bancaire, que j’ai déposée au Ministère des postes. Dès réception des 30% d’avance de démarrage, le banquier m’a ouvert une lettre de crédit, la toute première de l’histoire de son établissement bancaire.

Le fournisseur Japonais a reçu sa garantie de paiement et m’a livré dans les délais toutes les matériaux nécessaires à l’assemblage des appareils de téléphone, sous ma propre marque JET.

La 1ère Création du Président Jean Blaise GWET

Toutes les étapes, de la commande à la réception des matières premières, de l’encaissement du solde de la facture à la livraison au Ministère des postes de téléphones assemblés par ma jeune unité, se sont déroulées avec succès.

Un jour, les responsables de la marque coréenne Goldstar arrivent dans mon bureau. D’après une étude de marché réalisée par leur Département de Marketing International sur le Cameroun, il se trouvait que, j’étais la personne idéale pour représenter valablement leurs produits dans notre pays. Ils m’ont confié dans un premier temps la représentation exclusive de leurs appareils téléphoniques au Cameroun, l’électroménager étant déjà vendu par un Indien.

Comme un don de Dieu, cette délégation coréenne est arrivée au Cameroun au lendemain de la dévaluation du Franc CFA qui fait doubler les prix de vente des matières premières importées dans la zone Franc CFA. Alors que les prix d’achat avaient doublé, mes nouveaux partenaires m’ont proposé un contrat très alléchant qui me donnait le bénéfice des prix avant dévaluation. Face à une si belle opportunité, je ne pouvais qu’accepter.

Cet avantage propulsa mes affaires, et me rendit incontournable dans le secteur, alors que tous mes concurrents mettaient leurs clés sous le paillasson.

Les Coréens voyant ainsi leur chiffre d’affaires sur Cameroun passer du simple au triple, me proposèrent de prendre également la représentation exclusive de toute la gamme des appareils électroniques et électroménagers Goldstar au Cameroun. Sans hésiter, j’accepte l’offre.

La rapidité, la fluidité et la simplicité par laquelle, j’ai financé ma première commande, m’ont amené à conclure que j’étais GWET le chanceux, qui veut dire en anglais, Lucky d’où ma reconnaissance à Dieu, par la création de ma marque LGE LUCKYGWET premier label Africain dans la fabrication des appareils électroniques et électroménagers.
(www.luckygwet.com)

Voici comment à partir de l’importation d’un appareil de télécopie (Fax) et d’un poste de téléphone, je redémarre la plus belle aventure de ma vie dans un secteur de géants très compétitif.
L'Initiative du Président Première marque en Afrique dans le domaine électromènager et électronique

J’estime pour ce peuple courageux, entreprenant, travailleur, ingénieux et ambitieux, que 50 ans après notre indépendance, l’heure d’une nouvelle génération d’homme politique est arrivée en Afrique et particulièrement au Cameroun, dans les communes, dans les mairies, au parlement, au sénat, ainsi que dans toutes les administrations publiques et parapubliques, ceci, dans un nouvel élan de solidarité, dans une nouvelle vision d’amour, de partage, de tolérance, d’unité nationale, du nord au sud, de l’est à l’ouest, main dans la main, tous ensemble nous parviendrons.

Je ne nourris aucun combat encore moins aucune haine contre l’actuel locataire d’Etoudi : «Le Président Paul Biya qui a travaillé, il a pu faire de son mieux, avec son temps. Le moment est venu pour qu’arrive au pouvoir une nouvelle génération d’hommes.» Que ce soit avec le RDPC ou les partis politiques de l’opposition, je n’écarte aucune hypothèse de collaboration. Nous sommes tous les enfants de ce pays. Je ne trouve, surtout, pas d’autre alternative que l’alternance par la voie pacifique, celle des urnes.
Ensemble, main dans la main c’est possible.