Jean Blaise Gwet : Des affaires au pouvoir politique

Le président du Mpcc, qui a introduit au Cameroun les marques coréennes Goldstar et Lg, estime que l’heure est arrivée pour une nouvelle génération. Il y a encore quelques détails à régler. Mais il n’y a plus de doute : Jean Blaise Gwet sera, sauf coup de tonnerre, le candidat du Mouvement patriotique pour le changement du Cameroun (Mpcc) à l’élection présidentielle annoncée en octobre prochain. Cela s’explique.

Il est le seul candidat en course pour les primaires prévues, d’ici fin mars 2011, au sein de ce parti politique légalisé il y a seulement 2 ans et dont on sait que, pour son lancement, il avait dû envoyer un message au président Paul Biya depuis son séjour parisien. «J’adresserai alors, de manière solennelle, par voie de presse, un message au peuple camerounais pour lui exposer ma vision pour un Cameroun meilleur», explique l’homme d’affaires qui a revêtu, depuis quelque temps, le manteau d’homme politique. L’on ne perd donc rien à attendre encore un peu, pour connaître les motivations réelles de cet homme pour la magistrature suprême. Mais, surtout, à convoiter la place de Paul Biya, celui dont les photos trônent encore fièrement dans les salons de Jean Blaise Gwet, au quartier Bonapriso à Douala.
Le maître des lieux ne nourrit d’ailleurs aucun ressentiment contre l’actuel locataire d’Etoudi : «Paul Biya a travaillé avec son temps. Le moment est venu pour qu’arrive au pouvoir une nouvelle génération d’hommes.» Que ce soit donc avec le Rdpc ou les partis politiques de l’opposition, il n’écarte aucune hypothèse de collaboration. Il ne trouve, surtout, pas d’autre alternative que l’alternance par la voie pacifique, celle des urnes : «Avec ou sans Elecam, il devrait y avoir élections au Cameroun le moment venu. Il ne sert donc à rien de demander aux Camerounais de ne pas aller s’inscrire sur les listes électorales.» Il se dit disposé à travailler avec toute la classe politique, mais se met toutefois à l’écart de certaines positions.
Au moment de la légalisation de son parti, en octobre 2009, le président du Mpcc n’était pas pour autant politiquement vierge. Transfuge du Rdpc, c’est un ancien membre de la cellule de promotion des activités sportives (Cepas) de ce parti. Il a, pendant longtemps, sponsorisé des semi marathons, certaines éditions de l’Ascension du Mont Cameroun et bien d’autres compétitions sportives, à travers son entreprise et son label, Lge LuckyGwet qu’il a mis sur pied en 2000. Deux ans après, il défraie la chronique en lançant l’initiative «Climatiseurs pour tous, réfrigérateurs pour tous» avec pour objectif l’amélioration du mieux-être des Camerounais en accédant à des équipements électroniques et électroménagers à des prix défiant toute concurrence. 

Son parcours professionnel l’a conduit en France, où il a dirigé la société Eurhoma France (European Home Appliances), occupé les fonctions de chargé des relations avec l’Afrique de la Confédération générale des Pme&Pmi de France, siégé comme membre du conseil d’administration du Comité d’appui au commerce extérieur de la Seine-Saint-Denis (Cedax), assumé les fonctions de directeur du département international à Cgpme 93 et de directeur du développement commercial et international du cabinet Moeglin, précédé par un cursus académique plutôt honorable : 3ème cycle en diplomatie et stratégie au Centre d’études diplomatiques et stratégiques de France à Paris (Ceds), diplômé de l’Institut supérieur de commerce et d’administration de Paris, Bts en gestion des entreprises et comptabilité, avec en prime une participation à l’exercice de coalition à l’Ecole de guerre de France et un séminaire de formation au Groupement mobile d’intervention rapide de l’Hexagone.

Malgré cette trajectoire, celui qui est né le 10 octobre 1957 de parents originaires de Babimbi, marié et père de 8 enfants ne retiendra pas que de bonnes notes. Il va croiser sur son chemin, à un moment donné de son parcours et alors que son entreprise est en pleine croissance, des problèmes de harcèlement fiscal, mais aussi cette histoire d’abus de confiance avec l’ancien délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala, Edouard Etonde Ekoto. Mais il espère voir prospérer ensemble «[ses] frères et sœurs du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest».

Son projet de société, «Une vision. Un plan. Une parole», qui reste encore sous embargo, serait porteur d’espoir : «Pour tout vous dire, c’est un programme essentiellement tourné vers l’économie, les questions de finances publiques et de création de richesses. C’est en mettant sur pied des conditions favorables pour les investissements que notre pays pourra résorber l’épineux problème d’emplois de jeunes diplômés.» Pour la conquête de l’électorat, il ne cache pas sa stratégie : il fera «comme Paul Biya», c’est-à-dire qu’il sera en campagne de manière permanence, une fois son projet de société dévoilé.

Source: Mutations/ 28 Feb 2011 Source : http://www.icicemac.com/node/10619

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