Jean Blaise Gwet : « Je trouve très injuste et discriminatoire les règles sur les crédits de TVA»

Qui est effectivement Jean Blaise GWET?  Où vivez-vous actuellement?

Jean Blaise GWET : Je suis Jean Blaise GWET le  créateur de la 1ère marque africaine de l’électronique et de  l’’électroménager (LG LUCKYGWET). Plusieurs Camerounais me connaissent plus sous le nom de monsieur « LG » pour certains et monsieur « LUCKYGWET » pour d’autres. Je suis également le créateur de la marque de téléphone .  « JET Worldphone » que plusieurs ménages camerounais utilisent à ce jour.  Je suis celui qui fut le sponsor officiel de la  Dynamo de Douala finaliste et vainqueur de la coupe du Cameroun en 1998 contre Canon de Yaoundé. Je suis celui qui fut le sponsor officiel de  Canon de Yaoundé finaliste et      vainqueur de la coupe du Cameroun en 1999 contre Coton Sports de  Garoua. Je suis celui qui fut le sponsor officiel de KUMBO STRIKER  finaliste et vainqueur de la coupe du Cameroun en 2000 contre Canon de Yaoundé.  Je suis celui qui fut le 1er sponsor de l’ascension du Mont Cameroun pendant plusieurs années après Guinness Cameroun, et reste le seul Camerounais à l’avoir fait à ce jour. Je suis celui qui fut pendant  plusieurs années successivement de 2001 à 2004, le sponsor officiel des mini marathons de la ville de Yaoundé les 24 Mars et du 6 Avril à l’occasion des anniversaires du RDPC et des anniversaires de l’ascension à la magistrature suprême du Président de la République Paul BIYA, organisés par le CEPAS. Je suis celui qui n’a jamais eu de marchés d’Etat au Cameroun et qui s’est toujours sacrifié par amour, par la fierté du peuple,  a soutenu les efforts de la jeunesse, du gouvernement camerounais, et du  Cameroun en général aussi bien à l’intérieur, qu’à l’extérieur du pays.   Pour clore ce chapitre de présentation, j’ajoute que j’ai été élevé au grade de Commandeur de l’Ordre et de la Valeur, ce qui équivaut en France, au grade de Commandeur de la Légion d’Honneur.

Ma famille et moi partageons notre vie entre le Cameroun et la France.

Quel est votre secteur de prédilection en matière d’affaires ?

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Jean Blaise GWET : Comme je l’ai dit plus haut, je suis un des premiers Africains à avoir créé une marque de fabrique, dans le secteur de la fabrication et la distribution des appareils électroniques et électroménagers sous un label africain, en l’occurrence, la marque « LuckyGwet ».

LuckyGwet fabrique les appareils tels que téléviseurs, climatiseurs, réfrigérateurs, audio, vidéo, fours etc.… : la liste est exhaustive. Pour en savoir plus, je préfère que vous visitiez nos pages web à l’adresse suivante :
www.luckygwet.com

Je souhaite profiter également de l’occasion que vous m’offrez ici, pour vous encourager et vous remercier, car vous êtes cet exemple d’Africains solidaires aux initiatives africaines, pour preuve : vous faites la promotion de cette première initiative africaine «  LuckyGwet » dans votre page d’accueil www.icicemac.com

Vous semblez plus vivre en France qu’au Cameroun. Êtes-vous un acteur de la mondialisation ou avez vous quitté  le Cameroun pour d’autres motifs?

Jean Blaise GWET : Je suis, comme vous le dites, un véritable acteur économique, celui qui s’adapte à la mondialisation contre vents et marées. Cependant, ma venue dans la cour des géants, en Europe, a été prématurée et Dieu merci.

La première raison qui m’ait poussé à tout abandonner au Cameroun et à partir loin, mais alors loin, a été le découragement total de voir un si beau pays avec des opportunités et richesses multiformes, des hommes hautement qualifiés, brillants et battants ,prêts à tout donner pour la gloire et l’honneur de leur pays. Au lieu d’être encouragé à faire plus, à aller de l’avant, à créer des emplois, vous devenez plutôt une cible qu’on doit abattre à tout prix.
« Vulgairement, ils demandent : « il veut nous montrer quoi? »

En voulant faire du bien pour votre pays, vous devenez plutôt la cible de tout le monde, même celle des fantômes à la merci de toutes les tracasseries, aussi bien fiscales, douanières, calomnies, coups bas, de la  déstabilisation de votre famille, vos amis, et j’en passe. A la fin, vous vous retrouvez à tourner en rond comme un individu ridicule, qui est obligé de choisir l’une des deux solutions qui lui restent, soit entrer dans la corruption, les sectes et autres réseaux mafieux, soit, quand il est noble et confiant en soi, prendre ses clics et ses clacs, dire « merde » en laissant tout tomber, et  recommencer à zéro ailleurs et loin. Voilà comment je suis parti du Cameroun.

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Heureusement, à quelque chose malheur est bon; il se trouve que le secteur d’activité qui est le mien et dans lequel j’exerce, est un secteur de géants et de très hautes technologies qui nécessite une maitrise et une parfaite connaissance du terrain et des acteurs parmi lesquels les plus connus sont : Philips, LG, SONY, SAMSUNG, TOSHIBA, Nokia etc.……

D’où la nécessité de proximité qui m’oblige à avoir une base aujourd’hui en Europe et bientôt en Chine, non seulement pour mieux comprendre, apprendre à maitriser les hautes et nouvelles technologies de ce secteur, mais et surtout aider à donner l’occasion à l’Afrique désormais de ne plus être en décalage par rapport à l’Europe, sur les dernières technologies qui arrivent sur le marché mondial, et qui n’arrivent en Afrique que lorsque leurs normes sont  devenues obsolètes. On se retourne alors vers l’Afrique, une des poubelles du monde.

En un mot, ma présence en France a pour objectif de profiter de cette mondialisation positive pour laquelle  le progrès technologique et scientifique de l’Europe et de l’Asie doivent contribuer au progrès technologique et scientifique de LuckyGwet pour le bénéfice et l’industrialisation du Cameroun et de l’Afrique.

Le Cameroun a vécu à la fin du mois de février et début mars de graves  émeutes. Comment peut-on interpréter ces violentes manifestations ?

Jean Blaise GWET : Le repli stratégique que j’ai pris par rapport au Cameroun me permet à partir de l’Europe d’avoir une bonne lecture du Cameroun dans son ensemble.
Je dirais qu’il y a des signes qui précédent le soulèvement et l’explosion d’un peuple. Quand ils se manifestent, faisons très attention, et trouvons rapidement des compromis nécessaires pour se réconcilier avec tous ses frères. Car éteindre le feu est parfois très difficile. A l’exemple de plusieurs cas : MOBUTU, BOKASSA, Côte d’Ivoire,  KENYA,  ZIMBABUE, IRAK, Jean Bertrand Aristide à HAÏTI, et bien d’autres états.

Pour tout vous dire, je suis très inquiet. Il y un malaise profond à tous les niveaux au Cameroun. Du plus haut niveau, en passant par les hommes en uniforme, jusqu’au niveau le plus modeste. Des solutions urgentes s’imposent dans le but de remettre tous les Camerounais ensemble vers les mêmes objectifs : La paix, la stabilité politique et économique vers la poursuite de la transition, dans la stabilité des institutions avec une croissance renforcée, certaine et durable.

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Près de 2000 jeunes ont été arrêtés et jugés au terme de procès expéditifs. Y a t-il un message d’espoir à adresser aux jeunes Camerounais qui ne vivent pas des moments très heureux aujourd’hui ?

Jean Blaise GWET : Permettez-moi de profiter de l’occasion pour remercier tous les jeunes, qui ont pris soin de lire ma lettre ouverte à la jeunesse camerounaise, encore disponible dans le lien ci-dessous :
http://icicemac.com/news/index.php?nid=9880&pid=70
Je suis d’autant plus satisfait, et remercie sincèrement tous les Camerounais et cette jeunesse en particulier, d’avoir laissé la sagesse l’emporter sur la raison,  la colère et la douleur.

Les grands vainqueurs, ce sont eux.

Quant à ceux qui sont derrière les barreaux, ils sont pour moi des héros, différents de notre génération qui est une génération de sacrifiés et de lâches, qui est  également responsable du sort de notre pays,  que Monsieur BIYA, à qui tout le monde pointe du doigt.

Il a suffi pour la majorité des fils et filles de notre génération qu’ils aient une situation, petite ou grande, qu’ils préfèrent se taire, se remplir les poches, observer, laisser la situation pourrir, jusqu’à ce que nous vivions la situation présente de notre pays.

Ces jeunes courageux que j’appelle des héros, prêts à mourir pour leur avenir, et pour une cause patriotique vivant parfois dans la misère et le désespoir, dans un pays riche producteur de pétrole, qui ne demandent que, pouvoir manger, aller à l’école pour les uns, avoir un travail si modeste soit il, pour les autres.

Et pendant ce temps, les milliards de tous les Camerounais s’accumulent dans les poches d’une petite minorité, sous les yeux de tous. (Voir le journal Le Front N°065 du 09 Février 2006)

Les revendications des jeunes sont légitimes, et c’est un  passage obligé d’une nouvelle ère à venir. Le chemin sera long et difficile, car d’autres obstacles  se dresseront sur la route de tous ceux qui travailleront, pour aider à remettre le Cameroun sur les rails.

Je partage les souffrances des parents dont les enfants ont perdu la vie lors des émeutes de février dernier ; je partage les peines qu’éprouvent les parents des enfants qui restent emprisonnés à ce jour ; je partage et vis profondément et sincèrement devant Dieu les souffrances de la jeunesse camerounaise.

Dans ma lettre ouverte que je leur ai adressée, j’ai engagé ma disponibilité à encadrer cette jeunesse dans un contexte légal et institutionnel. J’ai reçu suite à cela, plusieurs centaines de réponses et propositions,  parmi lesquelles : la mise en place des espaces de concertations et de dialogues, des forums d’échanges avec le Gouvernement, un syndicat pour certains, et un grand parti politique rassemblant toute la jeunesse et toute l’élite camerounaise de la diaspora et du Cameroun pour d’autres. Nous allons décider ensemble.

Mon combat a toujours été d’aider cette jeunesse et notre génération, à relever les défis dans la légalité et la transparence. Tant que Dieu m’accordera un souffle de vie, j’irai jusqu’au bout de mon combat et de mon engagement aux côtés de la jeunesse camerounaise et africaine  pour son honneur et son avenir.

Vous êtes un observateur attentif  de la scène politique camerounaise. Comment interprétez-vous les dernières arrestations des anciens ministres des finances et de la santé ?

Jean Blaise GWET : Savez vous ce qui m’a poussé un matin à tout  abandonner au Cameroun et partir? Je vais vous le dire aujourd’hui. Je lance ma campagne sociale de lutte contre la pauvreté au Cameroun au mois de décembre 2004 en mettant en vente au prix de 135 000F CFA le réfrigérateur de 150 litres. Pub disponible en dernière page de couverture dans les journaux Cameroun Tribune du mois de décembre 2004.  Campagne baptisée « Réfrigérateur pour tous », devant aider plusieurs ménages camerounais à petits revenus d’avoir, enfin, l’occasion de s’acheter un réfrigérateur.

Le jour même où je lance ma campagne à la radio, télé, et presse, les représentants du fisc se présentent en mon absence dans mon bureau et mes magasins. Ma secrétaire me joint au téléphone, en m’informant qu’ils sont là, avec pour instruction d’encaisser un recouvrement d’impôts, de 3 600 000F CFA ou de fermer les magasins.

Je prends le téléphone et demande à ces personnes de me donner 48 heures, le temps que je revienne de voyage. Ils m’ont répété avoir des instructions pour fermer et qu’il n’y avait rien à faire. Ils ont bousculé tous les clients dehors, mis tous les employés dehors et fermé tous les magasins et bureaux.

Dites- vous bien  qu’au moment où  ma publicité passe à la radio, à la télé, dans les journaux, et tous les jours, les clients accourent pour venir acheter le  « Réfrigérateur pour tous ». Que trouvent-ils? Des scellés sur les magasins.

Alors là, mes ennemis voulaient m’atteindre : ils avaient trouvé le bon moyen de blesser mon amour propre. J’ai décidé, depuis ce jour là de tout laisser tomber au Cameroun et de partir loin de ce monde où les gens sont méchants.  Les containers de marchandises que j’avais en stationnement au port de Douala, payés d’avance,  j’ai décidé de leur en faire cadeau et ne plus jamais en entendre parler du Cameroun.

Voilà un monsieur qui met la pression fiscale au Cameroun. Il contribue ainsi à la fermeture de nombreuses entreprises, au chômage de plusieurs milliers de Camerounais sans aucune indemnité ; les uns trouvent la mort, d’autres celle de membres de leur famille en raison du manque du strict minimum pour acheter une boite de médicaments. Sans compter tous les autres préjudices qui découlent de ces fermetures.

Pendant ce temps, où est l’argent du contribuable ? Dans la poche du colonisateur.  Ce que j’ai vu au Cameroun de mes concitoyens me coupe le souffle.

Quand je vois tous ces morts, tous les jours, sur l’axe lourd Yaoundé – Douala, Yaoundé – Bafoussam, et en mémoire, le cliché d’un grand Professeur que le Cameroun à perdu sur l’axe Edéa et Douala en la personne du regretté Prof Gabriel NLEP, faute de soin d’urgence, et qu’à ce jour, ni l’assemblé, ni le Ministre de la Santé, n’aient pensés jusqu’à l’heure actuel mettre des dispensaire d’urgence sur ses axes, je me demande si nos hommes travailles pour eux ou bien pour le peuple? La réponse est là, avec ce cas du Ministre de la Santé.
Je regrette. Mais cela me fait très mal.

Et, ca me rappelle le geste d’un ancien Président, qui, pour mettre fin à la corruption dans son pays, a aligné toute la gangrène devant un peloton d’exécution. Heureusement, je suis contre la peine de mort, mais  comment ne pas comprendre son geste?

Comment l’État camerounais doit-il s’organiser pour recouvrer ces sommes colossales?

Jean Blaise GWET : Je ne crois pas au miracle. Si vous observez bien, au Cameroun, vous constaterez que les riches de notre pays ne sont pas les hommes d’affaires, mais plutôt, les fonctionnaires, les directeurs et les directeurs généraux des sociétés d’État ou parapubliques.

Pour preuve, descendez dans les rues, ouvrez les yeux, commencez à compter dans chaque quartier, dans les villes, dans chaque village, du nord au sud, de l’est à l’ouest, la plupart des luxueuses villas   appartiennent aux fonctionnaires, ou encore aux directeurs généraux des sociétés d’État, auxquels les parents n’ont  laissé aucun héritage, parfois pas même une chaise ni un vélo.

Une grande responsabilité peut aussi venir du système en place qui, me semble t-il, n’avait pas de sources de financement propre au parti. Il fallait pour cela recourir à l’auto- financement, qui forcément mettait la corde au cou des uns et des autres, obligés pour garder leur poste, de recourir au détournement d’une ligne de budget, dans laquelle, ils prenaient certainement une grande partie pour leur poche, et le reste peut être, pour les militants ou la région.

Raisonnablement, il faut accorder l’amnistie générale à tous, ou les mettre tous en prison. Négocier avec tous pour qu’ils ramènent ce qui est encore disponible.

Mais surtout pas de chasse aux sorcières.

L’autre préoccupation majeure des Camerounais qui sont sortis dans les rues était liée au projet du Président de la République de réviser la constitution de 1996, notamment l’article 6 alinéa 2 sur le nombre de mandats du Président de la République. Quel est votre commentaire, au moment où l’Assemblée nationale à forte  majorité RDPC vient de voter l’amendement visant à changer  cet article?

Jean Blaise GWET : Je ne suis pas contre une modification de la Constitution. Ce serait contre productif, parce que les pays ont tous besoin d’ajuster leurs lois fondamentales par rapport  aux évolutions de leurs réalités et de l’avenir des générations futures.

 Par ailleurs, étant donné la proximité de la fin du deuxième septennat du Président   Paul BIYA, la levée de la limitation des mandats présidentiels est suspecte, quoi qu’on dise sur le caractère impersonnel de la loi.

Maintenant que la loi est votée, et qu’après 29 ans de règne et 78 ans d’âge, le Président Paul Biya veut se représenter, ce qui à mon avis, est de son droit, comme celui de tout autre Camerounais. Il reviendra au peuple Camerounais, d’en décider, dans les urnes et  massivement.

Quelle impression vous laisse cette Assemblée nationale, dont les trois quarts des membres sont des prisonniers de droit commun en sursis qui ont voté en bloc cet amendement ?

Jean Blaise GWET : Je n’ai aucun argument solide me permettant de qualifier les trois quarts des membres de l’Assemblée nationale de prisonniers de droit commun, au delà du fait que je ne sois pas juge. La politique, c’est aussi le respect de l’autre.

Je sais qu’en démocratie, une majorité absolue l’emporte toujours. Le RDPC étant majoritaire à l’assemblée nationale, nous lui avons tous ouvert le chemin pour faire ce qu’il veut. C’est à nous de savoir ce qu’on veut en 2011.

Par contre, ce que j’ai trouvé injuste, et qui me choque c’est qu’à l’heure où nous traversons une période difficile, marquée par le chômage des jeunes, la crise alimentaire mondiale, la hausse des prix, la baisse du pouvoir d’achat des ménages, et les trous dans les caisses de l’État, au moment même où les enfants crient dans les rues à la recherche de quoi  manger ,de quoi payer leur
scolarité, les députés augmentent leurs avantages (et de combien?) avec l’argent de tous les Camerounais qu’ils se partagent entre eux.
Deux milliards cinq cent millions sortis des caisses de l’État.
Voir tableau ci-dessous.

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Remarque :

– Un petit projet de soins de santé gratuits  pour des personnes âgées ne coûte pas 2 milliards.
– Un petit projet de quelques centres de santé d’urgence sur les axes lourds Yaoundé – Douala, et Yaoundé – Bafoussam, sur lesquels tous les jours nous avons des pertes en vies humaines considérables faute de soins d’urgence ne peut pas coûter 1 milliard.
– Un petit projet de distribution d’eau potable gratuit pour des familles très pauvres ne peut pas coûter 5OO Millions.
– Etc……

– NB : Nos députés, au lieu de penser d’abord à améliorer leur cadre de vie, devraient d’abord tourner leurs regards vers le peuple qui leur a fait confiance.

Au même moment  pour  terroriser le peuple, des gens comme Lapiro de Mbanga ou Joe La Conscience sont embastillés.  Les radios et télés comme Equinoxe TV, Radio Equinoxe et Magic sont fermées. Que vous inspirent ces arrestations et ces intimidations?

Jean Blaise GWET :  Aucune démocratie n’est possible sans la liberté d’expression et la liberté de presse. Et chaque fois qu’on ferme un organe de presse ou qu’on empêche quelqu’un d’exprimer ses idées, c’est la démocratie de Paul BIYA qui est remise en cause dans notre pays.

On semble assister à  une certaine  malédiction des partis politiques au Cameroun. Pensez-vous que ces partis politiques peuvent encore inverser le cours de l’histoire au Cameroun?

Non et trois fois non! Il faut des forces nouvelles, portées par de nouveaux hommes animés dans l’âme et dans le cœur d’un amour profond pour le développement du Cameroun et de son peuple, mais aussi et surtout, pour le développement de l’Afrique.

La classe politique actuelle a montré ses limites. Suite à ma lettre ouverte envoyée à la Jeunesse Camerounaise dans la  création d’un cadre institutionnel et légal devant les encadrer et les protéger, J’ai reçu plusieurs propositions ,et  parmi lesquelles , la seule solution efficace pour se faire entendre au Cameroun et avoir une place, serait la création, d’une nouvelle force politique d’un large rassemblement de tous les fils et filles du Cameroun et de ceux de la diaspora qui aurait pour mission première d’aider à trouver des voies de sortie de crise politique dans notre Pays.

Je continue à rassembler des réactions et propositions des uns et des autres, qui sont d’ores et déjà analysées dans le cadre d’un bureau restreint mise en place à cet effet. Les résultats vous seront communiqués dans les prochains jours.

Dans la récente lettre de Célestin Monga  à Lapiro ou le procès du régime Biya, Célestin Monga affirme  qu’à cause de l’incompétence du gouvernement Biya, de l’incurie du gouvernement, l’Etat  camerounais  subit chaque année un manque à gagner financier et économique  équivalent à presque 4 pour cent du produit intérieur brut, soit environ 400 milliards de FCFA.  N’est ce pas un chiffre astronomique?  Comment y remédier ?

Jean Blaise GWET : Ce chiffre est révoltant. Le seul remède, c’est le changement du système et des méthodes. Les résultats sont là, nous les vivons et les voyons tous. (La corruption, le chômage, les détournements, la cupidité, la voracité, la prostitution, la précarité,  les maladies etc.…)

Les jeunes Camerounais semblent désespérés. Quels conseils leur donneriez-vous ? La patience que vous préconisez dans « votre lettre à la jeunesse camerounaise » peut-elle encore marcher alors que l’on sait que le pouvoir est prêt à tout pour tricher ?

Jean Blaise GWET : Vous savez, le pouvoir est un problème, et phénomène de génération, car l’avenir d’un pays appartient à la jeunesse et aux générations futures. C’est un processus qui est irréversible et qui ne demande que de la patience. Car chaque chose à un début et une fin.

Donc pour moi, mettre le Cameroun à feu et à sang aujourd’hui est une perte pour nous tous. Le Cameroun  appartient à tous, ce n’est pas la propriété du Président BIYA et de  ses amis. Si nous détruisons ce beau cadeau de la nature, les pilleurs iront vivre dans leur paradis en occident mais, que feront les autres qui n’ont rien volé : ils souffriront encore davantage.

 Et, je le répèterai inlassablement, le pouvoir appartient au  peuple. La  décision se prend dans les urnes avec une participation effective variant en moins ou en plus de 10%. Les élections auront lieu, et les abstentions floueront une fois de plus tous les Camerounais.

Mettons nous tous ensemble dès aujourd’hui pour censurer massivement  et  démocratiquement la constitution du Cameroun en 2011 si cela reste votre souhait.

Que doivent faire les jeunes? Rester sur place ou s’exiler à leurs risques et périls ?

Jean Blaise GWET : Surtout ne pas partir. Je suis bien placé pour savoir qu’en partant on ne résout rien. Je dors et vis pour mon pays et je souhaite que ceux  qui ont la chance d’y vivre travaillent pour son développement. J’en suis parti pour des raisons que j’ai déjà évoquées et j’exhorte les jeunes, surtout eux dont le régime a le plus peur en raison de leur capacité à se mobiliser en masse, à rester calme,  dans la patience. Dès la mise en place de notre cadre  institutionnel et légal, dans les jours à venir, nous allons tous ensemble bousculer le gouvernement et les équipes en place, pour faire avancer et bouger les choses avant 2011.

Et le gouvernement a  intérêt à faire bouger les choses avant la fin 2011, car le Chef de l’État devra  présenter au peuple camerounais les résultats de son programme des grandes ambitions.

Un des principaux problèmes auxquels les jeunes sont  confrontés est le chômage. Est ce un phénomène d’époque ou une fatalité ?

Jean Blaise GWET : C’est la mauvaise foi, l’égoïsme, la méchanceté et le sabotage d’une  vision et d’un programme de gouvernement par quelques éléments.

1  – Je prends un cas qui m’est resté à la gorge à ce jour. Lors de la climatisation de la primature, à la même époque, j’avais lancé un programme social de climatisation pour tous au Cameroun en mettant en vente le Split à 350 000F CFA.

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J’ai fait une offre au chef du gouvernement de l’époque qui m’a assuré  qu’il ne pouvait prendre des équipements ailleurs, compte tenu de mes prix imbattables que j’avais.

Malheureusement, entre ce qui se dit et ce qui se fait, c’est le jour et la nuit.

Hé oui, au lieu de prendre des climatiseurs chez moi à 350 000CFA, ils ont acheté les équipements moins performants que les miens, pour lesquels la livraison, en plus, n’était pas conforme, à plus de 2 000 OOO F CFA. Pour un total d’au moins 250 climatiseurs.

2 – Le cas le plus récent est en rapport avec les dernières  visites du Chef de l’État en France et le dernier déplacement du Premier Ministres et de sa suite à Monaco : des budgets de plus de 100 000 000 F CFA chaque fois ont été dépensés.

Voyant tous ces efforts du Président de la République et de son Chef de Gouvernement, à la recherche des investisseurs et promotion de notre pays, ma position au sein des organes des PME et PMI en France, m’oblige à servir mon pays. Je propose donc  mes services gratuitement au chef du département du commerce pour qu’il obtienne tous les accords du Gouvernement, nous permettant de préparer l’arrivée des Pme, Pmi, et artisans Français au camerounais, cela pouvant aider à nouer de nouveaux partenariats devant servir à la création de plusieurs emplois dans notre pays. Malheureusement, les  membres de notre gouvernement préfèrent souvent reprendre vos initiatives et les donner à leurs proches, qui ne pourront jamais atteindre les mêmes objectifs que vous.  Quand ils ne les mettent pas tout simplement dans les tiroirs ou aux  oubliettes. Pour en savoir plus, sur les préparatifs de cette mission, tout le dossier est disponible sur les liens ci-dessous.

http://www.luckygwet.com/142603/166222.html
http://www.luckygwet.com/142603/index.html
http://www.luckygwet.com/142603/165501.html
http://www.luckygwet.com/142603/166201.html
www.luckygwet.com

En conclusion, les  membres de notre gouvernement veulent tous devenir des politiciens, au service du parti majoritaire, en oubliant leur mission principale  et les attentes du peuple et du chef de l’État.

Quel type de rapport entretenez-vous  avec la diaspora camerounaise ? Et avec ceux qui sont restés sur place au Cameroun ?

Jean Blaise GWET : J’entretiens de très bonnes relations avec la diaspora camerounaise tout au moins, celle qui me connait et me fréquente. Il faut le dire aussi, je suis un homme très discret depuis le Cameroun, et très occupé.
Quant à ceux qui sont restés au Cameroun, je suis en contact permanent voire quotidien avec plusieurs.

Quel sentiment avez-vous lorsque vous voyez un pays producteur de pétrole et ayant d’énormes potentialités énergétiques subir à longueur de journée le délestage et des coupures d’eau et être continuellement la proie du choléra?

Jean Blaise GWET : C’est un scandale. L’horreur absolue que de voir ce que  Dieu a fait du Cameroun et ce que les camerounais eux-mêmes en font. Deuxième potentiel hydroélectrique d’Afrique et pas un jour sans coupure de courant. Des projets, toujours des projets de barrages. Entre temps, l’économie stagne du fait de l’insuffisance de l’énergie électrique. Le gouvernement devrait avoir honte.

Dans un monde de plus en plus compétitif  qu’est ce qui peut être fait au niveau du Cameroun pour aider les entreprises (créatrices d’emploi à valeurs ajoutées) qui œuvrent dans divers  domaines ?

Jean Blaise GWET : Il ne faut pas grand-chose. Le Cameroun a tout ce qu’il faut comme mécanismes pour développer son économie. Le seul problème est celui du choix des hommes et doit d’abord passer par un changement profond de mentalité et de comportement des membres de gouvernement et des responsables de budget.

Ils  doivent être des serviteurs au service de tous les Camerounais, devant aider à la promotion de toute  entreprise relevant de son département, avec pour priorité, encourager les entreprises créatrices d’emplois  à valeurs ajoutées. Alors qu’aujourd’hui, on assiste à un scandale généralisé à tous les niveaux.

Très souvent, la plupart des responsables de notre pays ont coutume, une fois nommés à une quelconque responsabilité, d’aller chercher, soit des Libanais ,soit  des Indiens, si non, ils vont au village, prendre le cousin planteur, la  sœur  couturière, la belle- sœur vendeuse de bouillie, et voilà notre nouvelle équipe d’hommes d’affaires du Ministre dont le règne durera aussi jusqu’au prochain remaniement.

Ils ont tous les marchés, ils n’ont pas d’employés, ils n’ont qu’une petite patente voire de 50 000F CFA, leurs voitures remplacent leur bureau. Pour réaliser leurs marchés, ils prennent l’avion, ils vont tout acheter en France.

Comment pensez vous qu’une entreprise avec pignon sur rue, qui vit des tracasseries douanières et fiscales, qui produit, qui utilise la main d’œuvre avec une valeur ajoutée, puisse survivre dans une telle concurrence déloyale  encouragée, et installée par le gouvernement lui-même qui a pourtant pour mission première, l’organisation, l’arbitrage, l’encouragement, l’accompagnement et l’aide à la création des richesses dans le pays?

Jean Blaise GWET : Et ils ont, pour la plupart, le sourire aux lèvres et disent à voix basse, c’est bien fait pour lui, quand ils voient un exemple comme celui de mon grand frère James ONOBIONO, seul dans ses investissements sans aucun employé alors qu’il a investi pour créer de la richesse et de la valeur ajoutée.

En gros, les  membres de notre gouvernement doivent d’abord aider des acteurs économiques, pas forcément les amis, la famille proche, et les anciens collaborateurs du Chef de l’État. Le Cameroun est un réservoir d’intellectuels et de compétences en Afrique. Un jour viendra peut-être?

Vous avez participé au dernier sommet de l’Union Africaine comme Homme d’affaires invité. Pourquoi l’Afrique ne décolle pas contrairement à l’Asie ?

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Jean Blaise GWET : Je vous remercie de revenir sur le dernier sommet de l’Union Africaine qui s’est tenu au mois de janvier dernier à ADDIS ABABA en ETHIOPIE, sommet  auquel avait pris part également, le Président Paul BIYA.

Ma présence à ce sommet était sur invitation spéciale de l’Union Africaine pour représenter tout le secteur privé du Cameroun, y compris les ONG et la société civile.
Outre cette simple présence, j’étais également co-président d’une des trois sous -commissions.

Elles avaient pour tâche l’analyse profonde de tous les obstacles qui minent l’Afrique dans son Industrialisation,  propositions de solutions,  recommandations aux Chefs d’états africains pour un partenariat plus juste, avec pour objectif principal, l’aide, le soutien, l’accompagnement, la mise en place des mécanismes économiques et financiers devant aider le secteur privé africain dans son développement, et son industrialisation.

L’Afrique a tout pour décoller, il faut des gestionnaires africains dotés d’amour dans leur cœur pour leur pays et pour l’Afrique. Malheureusement, il n’y a que des bandits avides d’argent qui se succèdent. Le grand obstacle, c’est l’Afrique noire, et plus particulièrement, l’Afrique centrale.

L’Afrique tarde toujours à mettre sur le marché mondial des projets « made in Africa ». Comment comprendre cela?

Jean Blaise GWET : Cela se justifie par un point important. C’est vrai qu’il faut des infrastructures en Afrique. Mais le point le plus important est le manque de volonté politique des dirigeants africains et surtout camerounais à soutenir des initiatives dans lesquelles ils n’ont aucun intérêt.

– 1ér exemple : j’avais à l’époque  une usine d’assemblage de postes de téléphone » made in Cameroun « sous ma propre marque « JET Wordphone » distribués par le ministère des PTT de l’époque.

– Il a fallu qu’un ministre qui est d’ailleurs en prison à ce jour, vienne dans ce département, pour que toutes les unités d’assemblage de postes de téléphones de l’époque au Cameroun disparaissent. Uniquement pour la simple raison qu’il passait toutes les commandes à ses propres amis qui prenaient l’avion et allaient s’approvisionner en Europe.
– En conséquence, il a contribué à faire disparaitre le secteur et à la mise de tous les employés au chômage.

– 2ème Exemple : C’est le cas LuckyGwet dont les appareils sont utilisés dans tout le Cameroun, dans toutes les administrations, à la Présidence, à l’assemblée nationale, la garde présidentielle, la gendarmerie, la police, les ministères et la plupart des ménages au Cameroun.

– Depuis que je me bats dans ce programme créateur de plusieurs milliers d’emplois au Cameroun, avec pour ambition finale, le transfert de technologies dans notre  pays, je n’ai jamais eu le soutien du Cameroun si minime soit-il. Aujourd’hui je profite de cet espace que vous m’offrez pour lancer un appel au gouvernement. Car l’heure est grave, il faut créer des emplois et donner du travail à nos frères.

– Pour cela, j’ai besoin du soutien du gouvernement, et de financements nécessaires pour créer dans les 4 mois à venir des agences LuckyGwet dans chaque province du Cameroun, et créer ainsi, au moins entre 50 et 100 emplois immédiatement et 250 à 500 emplois dans l’année qui suit avec pour objectif final, l’implantation d’une usine  de fabrication de téléviseurs  LCD, plasma, Ordinateurs, des réfrigérateurs, climatiseurs et voire pourquoi pas d’autres  appareils de notre large gamme de produits disponibles dans nos pages web. À l’adresse suivante : www.luckygwet.com

En conclusion, il est temps que le gouvernement corrige sa vision sur la politique économique de notre pays, et utilise l’argent à créer de l’emploi, et de la valeur ajoutée.

Vous avez lancé plusieurs produits LuckyGwet. Quel est le taux de pénétration sur le marché africain ?

Jean Blaise GWET : LuckyGwet est une initiative née au Cameroun, sur la base d’un constat que j’ai fait à l’époque, et qui est resté valable à ce jour; lorsque vous regardez autour de vous, dans vos maisons, dans vos bureaux, pour vous, c’est un orgueil et un honneur d’avoir un appareil SONY, JVC etc.., pour moi, ça me révolte. Et je dis non, c’est toujours une autre forme de colonisation pour l’Afrique. Dans  mon esprit, ça ne passe pas.

Ces grosses multinationales ne viendront jamais installer des usines en Afrique. C’est à nous de le faire. Et pour cela, nous devons commencer à encourager et à consommer nos propres produits et nos labels, l’industrialisation de l’Afrique ne sera possible que si on le comprend un jour.

Les Africains doivent arrêter les théories et des beaux discours et passer aux faits…

C’est comme cela que du jour au lendemain, j’ai arrêté la distribution de la marque coréenne que je représentais à l’époque, bien qu’ayant toutes les parts de marché dans ce secteur au Cameroun. J’ai décidé de laisser tout tomber, et de recommencer à zéro en créant ma propre marque avec une identité africaine. Car pour moi, ma priorité est loin d’être de l’argent; l’avenir des générations futures, l’honneur du Cameroun et de l’Afrique sont mes priorités.

Voilà les débuts, et les motivations de cette initiative africaine « LuckyGwet »,
qui fait aujourd’hui son petit parcours tout doucement dans la cour des géants avec trop de difficultés, mais beaucoup de conviction, d’assurance, et d’engagement à mettre des bases pour nos générations futures.

Mon challenge est de positionner ce label africain « LuckyGwet » à travers le monde, avec une priorité de donner l’opportunité aux Africains, de créer à travers cette initiative, des emplois dans leur pays, dans leurs régions, dans leurs villes. Et surtout, mettre à la disposition des Africains et du monde, des produits de haute qualité technologique, à des prix très compétitifs.

Ce combat que je mène, depuis des années, doit servir d’exemple, de courage et de détermination. Devant motiver, et montrer à mes petits frères camerounais et africains que la vie est très difficile, parsemée d’obstacles multiformes. Cependant, quand on a des convictions, des idées, des ambitions, il ne faut jamais se décourager. Contre  vents et marées, il faut toujours aller jusqu’au bout de sa vision. Car rien n’est facile, et rien n’est impossible. Dieu veille toujours sur vous, lorsque vous vous battez pour les autres et pour votre pays.

LuckyGwet a des représentants exclusifs dans plusieurs pays, parmi lesquels certains pays d’Afrique de l’ouest. Le marché du Cameroun,  pays de naissance de la marque reste encore ouvert. C’est une opportunité qui peut aider plusieurs jeunes à avoir des emplois au Cameroun.

Cette 1er marque africaine est protégée et déposée à INPI (Institut National de la Propriété Industrielle de France).

En l’état actuel de la situation politique, comment envisager l’après- Biya  étant donné que ce dernier vient de changer la constitution pour se représenter ?

Jean Blaise GWET : Dans le fond, je ne crois pas que la constitution a été modifiée uniquement dans le seul but de permettre à Monsieur BIYA de se représenter en 2011. Il sait au fond de lui-même qu’il a travaillé pour préserver le Cameroun dans la paix et dans la  stabilité. Je reste convaincu que Monsieur le Président BIYA n’acceptera jamais que le Cameroun, pour lequel il a toujours su préserver la paix, et la stabilité politique, puisse un jour, après lui, être à feu et à sang. Si tous les Camerounais sont unanimes pour qu’il parte, je suis convaincu qu’il acceptera volontiers de prendre sa retraite et de s’occuper paisiblement de lui et de sa petite famille.

Le président BIYA, a donné le coup d’envoi de la démocratie dans notre pays, c’est un processus irréversible. Une nouvelle classe de génération de politicien au service du peuple, que nous sommes, va prendre la relève et veiller à la poursuite des œuvres que le Président BIYA a  commencées, dans la paix, la stabilité politique et économique avec l’ensemble de tous les Camerounais, d’où qu’ils soient, mais également redonner l’envie à tous les Camerounais, de faire de la politique ensemble et au service du peuple, sans aucune « chasse aux sorcières»

Monsieur le Président Jean Blaise Gwet y a t-il un dernier mot  de votre part?

Jean Blaise GWET : Mon dernier mot est un appel au Président de l’Assemblée nationale, au Chef du gouvernement et au Ministre des finances. Je souhaite les inviter à se pencher et à revoir les règles et lois fiscales sur les deux points suivants :

1 – La TVA (la taxe sur la valeur ajoutée)

Je trouve très injuste et discriminatoire les règles sur les crédits de TVA à rembourser à toute personne assujettie à la TVA au Cameroun. Car d’une part, l’état collecte d’office dans plusieurs cas, la TVA que l’opérateur économique est obligé de s’acquitter d’avance et cash. Elle s’accumule souvent sur plusieurs années, sur plusieurs importations, et sur plusieurs dizaines ou centaines de millions de francs CFA.

Il est anormal qu’au jour où les services des impôts viennent fermer mes magasins pour seulement, 3 600 000F CFA, alors qu’ils me doivent à la même période de décembre 2004 environ 60 000 000F CFA de crédit de TVA qu’ils doivent me rembourser, et que je n’ai jamais eus.

Or ils remboursent tous les mois, des milliards de francs CFA aux exploitants forestiers qui exploitent nos matières, et à d’autres entreprises. Pourquoi ne pas rembourser la TVA à tout assujetti à la TVA?

2 – La vente aux enchères des marchandises sous
douane.

Mes containers, de valeur de plusieurs dizaines de millions de francs CFA ont étés vendus sous douane, sans que l’état ne me reverse un seul centime pouvant compenser mes frais d’achat. Il en est de même, tous les mois, pour des milliers d’importateurs au Cameroun.

Sur le produit des ventes aux enchères des marchandises du client, est-il normal que l’état perçoive sa quote-part ? Que l’armateur perçoive sa quote-part ? Que le port autonome de Douala perçoive sa quote-part ? Et que l’importateur qui est déjà en  difficulté, ne récupère rien de l’argent qu’il a sorti pour acheter sa marchandise. Est-il normal que l’état contribue à tuer les efforts des jeunes  commerçants déjà en difficulté ?

Par ce principe de vente aux enchères, pour moi l’état contribue ici, d’une manière très flagrante à tuer l’économie du Cameroun, à tuer l’effort des commerçants et opérateurs économiques, et contribue ainsi à l’accroissement du taux de chômage dans notre pays. Car toute entreprise ou commerçant petit ou grand, qui n’a plus son capital, est obligé de mettre les clés sous le paillasson.

L’État à des moyens ; il doit trouver des mécanismes et solutions pouvant aider et encourager l’importateur, le commerçant, et tout autre opérateur économique en général. Celui-là pourra alors importer d’avantage et régulièrement afin d’aider à accroitre les recettes douanières et fiscales et  résoudre ainsi des problèmes économiques et sociaux divers.

Dans un Cameroun de demain comment réparer les impairs et injustices qui ont été commis, comment réconcilier la masse des exclus dont nous faisons partie d’avec les bourreaux qui ont joui des biens appartenant à tout le pays pendant plus d’un quart de siècle ? Comment penser l’avenir, comment penser demain ?

Jean Blaise GWET :  Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. N’imaginons pas notre pays, vivons-le en travaillant au départ de ceux qui freinent son épanouissement pour un changement dans la préservation et la  modernisation des acquis. La continuité et l’amélioration du système existant avec la participation de tous les Camerounais. Je ne suis pas partisan d’une chasse aux sorcières mais d’une commission » vérité et réconciliation » qui remettrait tous les fils et les filles ensemble pour travailler main dans la main, pour un changement profond des Camerounais et du Cameroun.

Propos recueillis et soumis par Martin Stéphane Fongang et M. Mba Talla de Paris le mer, 05/14/2008 

Source: http://www.icicemac.com/node/5635

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