Politique politicienne : Vote de la diaspora et élection présidentielle

Politique politicienne : Vote de la diaspora et

élection présidentielle

Jean Blaise GwetLe vote des Camerounais à l’étranger est en soi une bonne chose. Seulement, cette nouvelle loi sur le vote de la diaspora, à trois mois de l’échéance, est une trompe l’?il qui a certainement des vices cachés, que nous découvrirons dans les jours à venir. Pourquoi voter cette loi aujourd’hui, à 3 mois d’une l’élection présidentielle ? Pour quelles raisons parler de referendum alors qu’on ignore totalement le nombre exact des populations de Douala, Yaoundé et des autres villes et encore moins de la Diaspora ? Est-ce une propagande électorale de plus, comme celle des 25 000 emplois ? Est-ce une man?uvre pour reporter l’élection présidentielle à une date ultérieure? Autant de questions qui me taraudent l’esprit et pour lesquelles nous verrons plus clair d’ici deux mois.
Par ailleurs, l’exécution de cette nouvelle loi, si elle est mise en application dans l’optique de l’élection d’octobre prochain, nécessite la mise en place de moyens financiers importants. Il me semble que le budget de cette année n’a pas prévu de dispositions financières particulières ou supplémentaires à cet effet. Mais, comme le Cameroun c’est le Cameroun, on prend des décisions à coup de baguettes magiques, sans études préalables et par la suite, on est dos au mur à l’instar du recrutement des 25 000 jeunes dans la misère et le chômage sur le dos desquels le gouvernement a fait une très bonne affaire financière en encaissant des milliards de Fcfa de frais de dossiers, une décision sur laquelle j’avais émis comme aujourd’hui des réserves et qui a fait l’objet d’une propagande sans pareille dans les médias d’État, ces médias dans lesquels nous qui représentons la nouvelle génération d’hommes politique qui est en train de prendre le relais, n’avons aucun espace pour nous exprimer. 
Si cette loi a été précipitamment votée pour permettre aux Camerounais de l’extérieur de participer à l’élection du mois d’octobre prochain, je crains que les délais ne puissent le permettre. Nous savons tous qu’à la date d’aujourd’hui, Elecam n’a même pas encore ses structures sur toute l’étendue du territoire national. Sachant que les Camerounais résident partout dans le monde, par quel miracle cet organe pourra t-Il mettre en place des structures pouvant accueillir ses services et acheminer en temps réel le matériel électoral devant servir à l’organisation d’une élection seine et transparente dans le monde entier d’ici 3 mois ? 

Au-delà de tout ceci, Elecam qui se veut une structure autonome et indépendante, pourra t-elle garder son indépendance, son autonomie, et sa liberté de fonctionnement si les bureaux se situent dans les Ambassades ? Les bureaux de vote à l’étranger devant fonctionner dans les mêmes règles, la même transparence, avec la présence des représentants de tous les partis. Comment et avec quels moyens les partis d’opposition enverront-ils leurs délégués au sein de ses bureaux à l’étranger alors que l’on sait très bien que les Ministres et DG du système puiseront comme d’habitude dans les caisses de l’État pour assurer le déplacement de leurs délégués? Tout ceci doit impérativement être discuté avant la tenue de l’élection.
Pour ma part, sauf si cette élection est truquée d’avance, avec les listes des inscrits préétablies dans les tiroirs des Ambassadeurs et les membres des bureaux Elecam, en l’état actuel des choses, c’est une mission impossible qui va nous emmener droit vers le report de l’élection présidentielle.

Quelle loi pour quelle diaspora ?
Il faudrait que les camerounais comprennent mieux cette loi sur le vote de la diaspora, qui pour moi sonne encore comme un son de slogan de campagne, comme la mesure sur les 25 000 emplois des jeunes au sujet de laquelle le temps me donne raison aujourd’hui.
La Diaspora regroupe tous les ressortissants camerounais nés au Cameroun ou ailleurs d’un père ou d’une mère Camerounais, vivant dans un autre pays en conservant sa nationalité ou en prenant celle du pays d’accueil. Cette diaspora que je connais très bien se divise en plusieurs catégories.
– La première catégorie qui participe à l’économie du Cameroun, celle qu’on nous montre à la télé, celle qui envoie 7 Milliards de FCFA par an au pays, est composée de : Pharmaciens, Avocats, Médecins, expert comptable, chercheurs, Professeurs, chef d’entreprise etc… Elle est en majorité une diaspora qui possède une double nationalité, statut que notre pays ne reconnaît pas. Elle représente environ 70% des Camerounais vivant à l’étranger. C’est elle qui a soumis une doléance au Chef de l’État, pour lui permettre de voter en reconnaissant la double nationalité dans notre pays. Malheureusement, le texte sur la double nationalité n’a pas été à l’ordre du jour. 

Cette diaspora n’est par conséquent pas concernée par la nouvelle loi et n’a pas le droit de participer à l’élection présidentielle d’octobre 2011. Ceux qui ont été à l’origine de cette loi restent sur leur faim Pourquoi ? Sûrement parce qu’il sera difficile que celle-ci soit manipulée.
– La deuxième catégorie qui est composée de sans papiers, qui sont entrés pour la plus part clandestinement dans les pays ou ils se trouvent à la recherche du paradis, fuyant la misère au Cameroun, et ceux qui, en fin de séjour, doivent retourner au Cameroun mais restent malheureusement coincés pour des raisons financières. Elle représente environ les 20% de la diaspora. Cette diaspora n’a pas de choix, sous pression, pour quelques euros, ou des kilos de riz et queues de b?ufs va être utilisée par le regime pour participer à cette élection de manière frauduleuse et irrégulière. Faire voter cette catégorie qui vit dans la clandestinité est incompatible avec les règles élémentaires de diplomatie qui régulent les rapports avec les pays amis. Je pense que le Cameroun ne peut pas se permettre de présenter une image négative dans le monde en autorisant le vote des clandestins qui serait la reconnaissance et la promotion de l’immigration irrégulière. 

– La dernière catégorie constituée de Camerounais en situation régulière à l’étranger, est composée d’une part des étudiants avec un titre de séjour pour études et d’autre part des résidents permanents. Cette dernière catégorie de personnes qui représente environ 10% de la diaspora, est pour l’heure, la seule concernée par cette loi, la seule apte à participer au vote d’octobre 2011. 
Ces Camerounais aptes à voter sont installés dans chaque petit coin au monde. Ils doivent parcourir des distances importantes, dépenser beaucoup d’argent pour se loger et manger sur place. Pour l’instant je ne vois pas un camerounais partir de Strasbourg, de la Côte d’Azur, ou de Lyon pour aller voter à Paris ou à Marseille alors qu’il n’arrive même pas à trouver 10? par semaine pour s’acheter à manger. 
Malheureusement, nous connaissons les méthodes de nos amis et frères d’en face qui mettrons à la disposition de ces frères des billets d’avions, des billets de train, des chambres d’hôtels, avec en prime 200? à 300? pour chaque participant qui se déplacera pour voter leur candidat. 
Et si la fraude est facile à organiser ici au Cameroun, on peut parier qu’à l’extérieur on va ouvrir une véritable une boîte de Pandore. 

Destin présidentiel
Quant à ce qui est de la prochaine élection présidentielle, je dirai simplement que Dieu choisit des hommes depuis le ventre de leur maman. Il les prépare, les forme, les met face à des épreuves. Pour leur apprendre à vaincre la peur, Il les ôte momentanément de leur famille, de leurs amis, de leur peuple pour les amener loin dans le désert qu’ils découvriront, qu’ils traverseront afin de devenir des hommes nouveaux prêts au devoir et au service. Arrive enfin le jour où Il décide de les ramener, de leur donner le pouvoir et de les placer au devant d’un peuple qu’ils serviront sans relâche avec amour, passion et patriotisme, sans discrimination ethnique et sans coloration politique. 
Dieu m’a choisi. Pour faciliter mon chemin, Il a fait coïncider mon arrivée dans l’arène politique avec des circonstances bouleversantes que plusieurs d’entre nous négligerons et que d’autres ne saurons jamais interpréter, ni vouloir comprendre. Qui malheureusement mettent en lumière les tares du système actuel et le besoin crucial d’un changement. 
Mon arrivée coïncide avec le renouvellement naturel d’un régime vieux de 50 ans ; elle coïncide avec l’âge à la retraite du Patriarche en poste qui a servi avec sa génération et son temps ; elle coïncide avec la recherche d’un successeur qui se pose avec acuité dans tous les milieux de la société camerounaise et internationale. 

Mon arrivée coïncide avec les guerres accentuées à l’intérieur du régime entre les assoiffés du pouvoir; elle coïncide avec le chômage galopant, la misère d’un peuple qui a de plus en plus faim et le climat social qui se dégrade de jour en jour ; elle coïncide avec la peur et la terreur qui gagnent nos familles, tous les milieux, toutes les rues, tous les bureaux, jusqu’au le sommet de l’état ; elle coïncide avec les braquages des banques où sont impliqués certains de nos professionnels des corps d’armées. 
Mon arrivée coïncide avec des opérations de charme irréfléchis comme celle de 25 000 emplois jeunes qui foire, elle coïncide avec les mauvais résultats de nos Lions Indomptables qui occasionnent des émeutes et des bavures policières entraînant la mort de nos jeunes compatriotes, elle coïncide avec la machine du système qui se retourne contre ses propres fils qu’elle a fabriqué en les mettant dans des prisons V. I. P, ces prisons qui se multiplient et attendent nos autres frères qui vont oser lever le petit doigt pour dire stop. 

Mon arrivée coïncide avec un ras le bol général de la population et le besoin clair d’un profond changement au sein de tout le peuple , sauf pour cette petite poignée de personnes qui vit sur le dos et les biens de l’État avec la peur au ventre de tout perdre et qui malheureusement refuse de voir la vérité en face et tous les signes que Dieu nous montre. Ces signes prouvent que l’heure du changement a sonné. L’ère d’une nouvelle génération d’hommes politique qui doit prendre sans faille la relève dès la prochaine élection présidentielle est arrivée.
Aujourd’hui, je suis prêt à servir notre peuple en lui apportant la vraie paix. La vraie paix qui n’est pas seulement absence de conflit, comme c’est le cas ici au Cameroun, mais aussi l’existence de conditions de vie permettant à chaque citoyen, de travailler, de se soigner, de manger, de dormir, d’envoyer ses enfants à l’école, de s’épanouir et de vivre en harmonie.
Avec tous mes frères et s?urs, aussi bien avec ceux du système actuel qui veulent le progrès le changement, que tous ceux de la Diaspora qui veulent travailler pour le développement de notre pays, nous travaillerons Ensemble, main dans la main, pour donner une place à chacun. Ensemble, je suis certain que nous ferrons tout, pour éviter à notre belle patrie le même sort que celui de la Côte d’ Ivoire ou des États arabes. 
Que Dieu, nous accompagne, protège notre nation et son peuple. 


Par Jean Blaise Gwet *
* Président National du MPCC
(Mouvement Patriotique pour le Changement du Cameroun)
Tél : +237 98349356 / 
+237 78251748
E-mail : jbgwet@yahoo.fr / 
jbgwet@luckygwet.com
www.luckygwet.com

 

Sources: http://www.quotidienmutations.info/vous.php?subaction=showfull&id=1310710560&archive&start_from&ucat=21

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